Rostropovitch : un coffret exceptionnel pour les dix ans de sa mort

Le grand Slava nous a quittés il y a dix ans. Ce musicien de génie, opposant au régime soviétique, a marqué le XXe siècle de son empreinte.

Des maîtres prestigieux
Pianiste dès ses 4 ans, le petit Mstislav se met rapidement au violoncelle. Il aura comme professeur Pablo Casals, star catalane de l’instrument. Il a aussi fréquenté le compositeur Prokofiev, victime des purges staliniennes, et Chostakovitch l’a pris sous son aile. Ils deviendront amis.

Un exilé apatride
Défenseur peu discret des valeurs démocratiques et trop proche de Soljenitsyne au goût de Brejnev, Rostropovitch enquiquine le régime qui le laisse partir aux États-Unis en 1974, avant de le déchoir de sa citoyenneté russe quatre ans plus tard. Installé à Paris, le violoncelliste crée le Concours international de violoncelle Mstislav Rostropovitch dont il présidera le jury jusqu’à sa mort.

Une image historique
Prenant sa revanche sur le destin, il joue du violoncelle devant le mur de Berlin au moment où celui-ci s’effondre. Captée par les caméras, l’image fera le tour du monde, parachevant la légende de cet immense virtuose. Le 16 janvier 1990, Gorbatchev lui rend sa nationalité.

Un ami poète
Lors de ses passages à Paris, Rostropovitch rendait souvent visite à son ami Aragon chez qui il se cachait pour échapper aux filatures du KGB. En 1970, il joue même devant la tombe d’Elsa Triolet, la femme du poète tout juste décédée. En retour, Aragon écrit le poème « Chant pour Slava ».

Un coffret rétrospective
Warner Classics consacre un superbe coffret en 43 volumes, 40 CD et 3 DVD à l’œuvre du musicien (140 euros), pour ses admirateurs inconditionnels. Les autres pourront se contenter de la version 3D « Rostropovitch, le violoncelle du siècle » (16 euros), qui regroupe la plupart de ses interprétations les plus célèbres.

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