On vous emmène en Irlande du Nord, côté jardins

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Méconnue et pourtant fascinante, cette province britannique ravira les amateurs de parcs arborés, de parterres fleuris et de paysages verdoyants. Une incitation à se mettre au vert !

Un parc pour s’isoler : Rowallane Garden
Il faut moins d’une heure pour rejoindre en voiture Rowallane Garden, au sud de Belfast. C’est un petit coin de paradis verdoyant coupé du monde. En suivant l’allée principale, on débouche sur une série d’enclos thématiques dispersés sur 21 hectares et imaginés pour la plupart par un révérend et son neveu il y a plus d’un siècle. Dans les « walled gardens » (jardins clos par de hauts murs de pierre), on admire à foison plantes grimpantes, herbes aromatiques et hybrides créés in situ, comme la « Rowallane Rose », une primevère aux délicates fleurs roses. Le « Old Wood » recrée une atmosphère de conte de fées avec sa forêt de rhododendrons entrelaçant leurs branches et leurs fleurs blanches. Quant à « The Hospital », il rassemble une collection d’espèces très inhabituelles dans la région : ne manquez pas le spectaculaire arbre aux mouchoirs (Davidia involucrata), dont les feuilles évoquent… de petits Kleenex !

Un domaine pour rêver : Mount Stewart
Prochaine étape, la propriété de Mount Stewart, se trouve à une trentaine de kilomètres au nord-est. Sur 31 hectares, les jardins du domaine reflètent la personnalité de l’ancienne propriétaire, Lady Edith, marquise de Londonderry (1878-1959). Cette femme à poigne, volontaire au service de l’armée anglaise durant la Première Guerre mondiale, a passé une grande partie de sa vie à métamorphoser ce lieu qu’elle trouvait « le plus sombre, humide et triste où (elle soit) jamais allée ». À partir des années 1920, elle dessine elle-même ses parterres et retrousse ses manches pour leur donner vie. Un bataillon de seize anciens soldats et occasionnellement ses invités lui prêtent main-forte. Le résultat est unique ! Les « formal gardens » (jardins structurés), derrière le château, recréent la course du soleil de son lever à son coucher. Pour symboliser l’aurore : des lupins jaunes, des roses, des fuchsias ou encore des alonsoas à la fleur rouge… Pour la tombée de la nuit : les hampes bleues des delphiniums, de pourpre amarantes ou de sombres plantes grasses. D’étranges sculptures d’animaux et des chimères peuplent les allées.

Des ruines pour méditer : Grey Abbey
En quittant Mount Stewart, il faut faire un petit détour pour déboucher sur Greyabbey.  Vous y découvrirez les ruines d’un impressionnant édifice bâti en 1193 : Grey Abbey, qui a donné son nom à la commune. Ce prieuré cistercien a été fondé par une certaine Affreca, épouse de l’un des nobles normands qui ont conquis l’Ulster au XIIe siècle. Il s’agit de l’une des premières manifestations du style gothique dans le pays, reconnaissable à ses fenêtres hautes et étroites, en forme d’ogive. Mais il n’est nul besoin de s’intéresser à l’architecture pour profiter de l’atmosphère singulièrement romantique de l’endroit. Pour y accéder, on slalome entre les tombes d’un cimetière anarchique grignoté par les mauvaises herbes. Près de l’édifice, un jardin de plantes médicinales, à l’image de celui que cultivaient les moines, a également été recréé. Inspirant.

Une plage de lave pour s’émerveiller : la Chaussée des Géants

En moins d’une heure, en continuant vers le nord, on découvre le site de la Chaussée des Géants (Giant’s Causeway), sans équivalent en Europe. La légende veut qu’un ogre ait jeté de gigantesques roches dans la mer pour rejoindre un adversaire habitant en Écosse, créant cet étonnant parvis de pierres à fleur d’eau. On peut préférer cette version à celle, plus prosaïque, des géologues qui parlent d’une formation volcanique vieille de plus de 60 millions d’années. Le site regroupe plus de 40 000 colonnes hexagonales de basalte gris semblant surgir de la mer. Certaines atteignent jusqu’à 12 mètres de hauteur, d’autres, érodées par les vagues, sortent à peine de l’écume. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986, la Chaussée accueille aujourd’hui un musée flambant neuf dont l’architecture évoque les formes fracturées du site.

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