Luberon : nos bons plans pour visiter Apt

Alain Hocquel - Office de tourisme du Vaucluse

Chaque mardi matin, la gouaille des commerçants réveille Apt aux aurores. À l’ombre du dôme de la cathédrale Sainte-Anne, le marché paysan de la petite ville du Vaucluse compte parmi les plus fameux de Provence (même s’il est moins fréquenté que le grand marché du samedi). À vos paniers ! Les vins du Ventoux partagent les étals avec les huiles d’olive fraîchement distillées. Le subtil parfum des truffes se mêle à celui – plus corsé – du banon, un fromage de chèvre enveloppé de feuilles de châtaignier. Quelques touches de couleurs complètent le tableau : des fruits confits et des poteries décorées, deux spécialités locales, qui, avec l’ocre, furent longtemps les seules sources de revenus du pays d’Apt. Ces trois activités sont mises à l’honneur par le musée de l’Aventure industrielle, situé dans une ancienne usine de confiserie, sur la place du Postel, toute proche. On peut y consacrer le reste de la matinée et découvrir l’affinage de l’ocre grâce à une belle collection de matériel ancien.

La journée se poursuivra à cinq kilomètres de là, à Gargas. Une falaise orange marque l’entrée des mines de Bruoux. De 1880 à 1950, une centaine d’ouvriers ont creusé à la pioche et à l’explosif un labyrinthe de quarante kilomètres de galeries à la géométrie imposante : jusqu’à quinze mètres de haut et trois mètres de large. Dans les pas d’un guide érudit (le parcours d’un kilomètre et demi est aisé), on explore cette cathédrale minérale à température constante (10° C). Seuls les coups de pioche sur les parois témoignent du travail colossal. Un graffiti aussi, qui indique « 22-12-1943, j’ai faim » ! À quelques kilomètres, sur la petite route qui file vers le village de Roussillon, se trouve l’ancienne usine Mathieu reconvertie en Conservatoire des ocres et de la couleur. Autour des fours, des bassins de décantation et des moulins, on y apprend tout sur la fabrication du pigment, du lavage des sables jusqu’à la cuisson des mottes d’ocre.

Pour les gastronomes : le trufficulteur Nicolas Monnier organise des journées de découvertes et des séjours autour du « diamant noir ». On apprend à les chercher en truffières, à les acheter et à les cuisiner. Alléchant ! Plus d’infos sur avignon-et-provence.com.

Pour les artistes : la coopérative Ôkhra, qui gère l’usine Mathieu, propose des stages et ateliers de peinture d’une durée de quelques heures à plusieurs jours. Idéal pour s’initier à l’usage des pigments naturels.

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