Cinéma : on a vu pour vous « Sage Femme »

Michaël Crotto

Sage femme dans une maternité sur le point de fermer, mère célibataire, d’un grand fiston, Claire voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ex-maîtresse joueuse et extravagante de son père disparu. D’abord très froide avec cette femme qui faillit prendre la place de sa maman, Claire lui ouvrira peu à peu les bras et même sa maison : ensemble, elles combleront leurs solitudes et exorciseront leurs démons.

Si Sage Femme permet aussi à son réalisateur d’évoquer les problématiques économiques des maternités françaises, le long métrage fait surtout la part belle à ses deux actrices, Catherine Deneuve et Catherine Frot, qui n’avaient jamais travaillé ensemble. Après avoir sublimé Yolande Moreau dans Séraphine et Sandrine Kiberlain et Emmanuelle Devos dans Violette, Martin Provost mise tout sur leur talent et leur connivence qui, en effet, pallient les quelques petites facilités scénaristiques. La comédienne césarisée de Marguerite émeut en quinquagénaire altruiste et droite face à la reine Deneuve qui, après Potiche ou 8 femmes par exemple, renoue avec une partition fantaisiste et plus légère, mais néanmoins touchante. A elles deux, elles tirent cette jolie chronique sur la maternité et le pardon vers les sommets.

Sage Femme, drame de Martin Provost. 1 h 54. Actuellement en salles.

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