Cinéma : on a aimé « 120 battements par minute »

120 battements par minute
Céline Nieszawer

Film choc du dernier festival de Cannes dont il repartait avec le Grand Prix du jury, 120 battements par minute revient sur les actions d’Act Up au début des années 1990 et suit en parallèle l’histoire d’amour d’un militant malade avec un nouveau venu dans le groupe.

Robin Campillo mêle l’individuel au collectif, l’intime au social, le charnel au politique pour signer un drame d’une rare ampleur. Effets secondaires de l’AZT (seul médicament avant la trithérapie), réunions d’un groupe parfois désaccordé, initiatives spectaculaires ou controversées, lâcheté des pouvoirs publics, inhumanité des industries pharmaceutiques côtoient ici la rage de vivre, les tourments et la poésie de jeunes gens engagés dans un combat pour le respect et la dignité.

Ni moralisateur ni complaisant, ce docu-drama poignant révèle par ailleurs une pépite, le jeune Nahuel Pérez Biscayart que l’on retrouvera en octobre en tête d’affiche d’« Au revoir là-haut » d’Albert Dupontel. Un très grand acteur pour un très grand film touché par la grâce.

120 battements par minute, de Robin Campillo avec Nahuel Perez Biscayart, Adèle Haenel, Arnaud Valois… 2 h 20. Actuellement en salles.

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L'info en plus

Créée en 1989, sur le modèle de son homologue américain, Act up est une association de lutte contre le sida, visant à alerter les médias, faire pression sur les labos et aider les malades. Aujourd’hui âgé de 54 ans, Robin Campillo en fut militant au début des années 1990, et s’est inspiré de son expérience pour réaliser ce long-métrage. Il a notamment coécrit avec Laurent Cantet et François Bégaudeau « Entre les murs », Palme d’or à Cannes en 2008.

Publié le dans Changer d'air, Vidéos

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