Cinéma : faut-il aller voir « Les Hommes du feu » ?

© Roger Arpajou

De même qu’Hippocrate de Thomas Lilti plongeait le spectateur dans le quotidien d’un hôpital, Les Hommes du feu nous embarquent avec les pompiers, entre gestion d’incendies, suicides et accidents de la route. Aux manettes de cette fiction réaliste, Pierre Jolivet s’intéresse plus particulièrement au parcours de Bénédicte (Emilie Dequenne, parfaite), adjudant chef, qui débarque dans sa nouvelle caserne du sud de la France. Bien qu’épaulée par son homologue (Roschdy Zem, toujours impeccable), elle se frottera à des difficultés qu’elle n’avait jamais connues (les feux de forêt par exemple) mais aussi à la réticence de certains de ses collègues masculins, fâchés d’être dirigés par une femme.

Grâce à son héroïne, le réalisateur aborde sans lourdeur la place de ces dames dans un milieu souvent macho. Mais la réflexion est subtile : Bénédicte n’est ni tarte ni masculine et les messieurs qui l’entourent ne sont évidemment pas tous rustres et primaires. D’ailleurs, l’analyse du milieu n’est que l’un des atouts de ce long métrage qui convainc aussi par son approche quasi documentaire, notamment dans les scènes d’intervention et de caserne. Sans jamais oublier qu’il s’agit là d’une fiction qui requiert empathie et émotion, sans jamais verser dans le spectaculaire, Pierre Jolivet rend un joli hommage à l’engagement de ces sauveteurs du quotidien, rarement mis en avant sur grand écran.

Les Hommes du feu, comédie dramatique de Pierre Jolivet avec Roschdy Zem, Émilie Dequenne… 1h33. En salles le 5/07.

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