Chaque année, ces joyeuses quinquas partent trois jours à vélo !

Samuel Bigot

Chaque année, c’est un rituel, elles partent trois jours à vélo entre copines. L’occasion d’oublier les aléas du quotidien, de partager des bons moments et de mettre la pédale douce…

Depuis six ans, cette joyeuse bande de quinquas et sexagénaires se retrouve le week-end de la Pentecôte pour jouer les filles de l’air à bicyclette. Avec un cahier des charges plus dédié au plaisir qu’à la performance : pas plus de 50 kilomètres par jour, éviter au maximum trafic routier et dénivelés, pédaler dans un endroit verdoyant et, surtout, faire la part belle aux pauses gourmandes.

« C’est promis les filles, nous n’aurons pas une seule côte à grimper pendant 150 kilomètres ! » Monique a concocté avec jubilation le programme de ces trois jours d’escapade le long du canal de Brest à Nantes. En cette fraîche journée printanière, les amies sont venues de Brest et de Rennes pour se retrouver en contrebas de l’éperon rocheux de Josselin, dans le Morbihan. D’un baiser furtif, Monique dit au revoir à son homme, qui s’éclipse discrètement. Gâteaux bretons avalés, cafés chauds engloutis, les voici qui enfourchent leur bicyclette. En vélo Simone !

À la recherche du temps perdu
L’allure est tranquille tandis que les reflets de la nature s’étirent dans les eaux du canal. Les unes préfèrent pédaler en solo et profiter de ce temps d’introspection. Les autres discutent en toute liberté : boulot, conjoint, amant, retraite qui arrive à grand pas… Les confidences surgissent, parfois plus graves. Anne-Marie raconte les difficultés qu’elle rencontre dans sa carrière d’infirmière libérale. « Je travaille sept jours sur sept. En m’arrêtant pour ses trois jours, je réalise à quel point j’ai tendance à m’oublier. Ici, je trouve un répit… »

Un délicieux vent de liberté souffle sur nos pédaleuses. Chacune va à son rythme. « La bicyclette est une composante de ces week-ends mais on ne veut pas en baver », confie Monique. Anne-Marie, elle, a d’ailleurs opté pour un vélo électrique. En l’absence des hommes, la compétition n’a pas sa place. Personne ne cherche à dépasser ses limites. « Je suis de quelqu’un de lent, avoue Pascaline. Dans ce groupe, je peux suivre mon tempo, m’accepter… » Quel bonheur de pouvoir être soi, tout simplement !

Ensemble, c’est tout
Les pauses gourmandes sont gardiennes de la bonne humeur. Réclamées comme un refrain tous les dix kilomètres. Abricots secs, tartare d’algues, pain confit : chacune a apporté sa spécialité. Le déjeuner est aussi un moment clé de la journée, où les amies discutent, rigolent, refont le monde, cimentent leur amitié. Dans l’atmosphère bucolique, les liens qui les unissent se resserrent. Gravés par les photos prises à la volée et imprimées au retour.

Les aléas s’acceptent avec philosophie. Ainsi, lors de leur arrivée à Peillac, lorsqu’elles découvrent que la chambre d’hôte qu’elles avaient réservée est déjà occupée, personne ne cède à la panique. Elles trouvent un plan B, tout proche. « Tant pis, on dormira à trois par lit ! », s’amuse Monique… De la même façon, l’épreuve physique est parfois rude. Marie-Annick, après avoir crevé, souffre du genou, à tel point que son compagnon doit lui apporter des médicaments. Ce qui ne l’empêchera pas de décliner sa proposition de retour anticipé. Hors de question d’abandonner ses chères complices ! La présence d’amies bienveillantes, la quiétude d’une nature printanière, n’est-ce pas là le meilleur remède ?

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