Charles Aznavour : la dernière tournée du patron ?

Cyril Moreau/BESTIMAGE

Une série de concerts dans le monde entier, une biographie monumentale… l’auteur de La Bohème poursuit avec son public une histoire d’amour qui semble ne pas avoir de fin.

Et si, à 93 ans passés, le grand Charles avait encore quelque chose à prouver ? Une éternelle revanche à prendre sur les critiques qui ont accompagné son début de carrière, où on a brocardé son physique, sa voix et prédit qu’il ne durerait pas ? Un peu comme Johnny. Les petites remarques qu’il lâche encore en interview ou devant son public, sur le mode « je suis toujours là », peuvent le laisser penser. Pourtant, avec 1400 chansons (et 90 films) au compteur, il n’a plus rien à démontrer. C’est un monument national. Et voilà qu’à quelques encablures de la centaine – les Rolling Stones sont des gamins à côté de lui -, le chanteur a rempli Bercy et entamé une tournée qui l’a emmené un peu partout en France.

Et ce n’est pas fini ! Le père de « Je m’voyais déjà » va s’envoler pour Amsterdam, Prague, Moscou, Osaka, Tokyo et Londres. Avec Édith Piaf et Maurice Chevalier, Aznavour est un des rares artistes français à connaître une vraie renommée internationale. La chaîne américaine CNN lui a même décerné le titre honorifique d’ « Entertainer of the Century » (artiste du siècle). Sur scène, ce n’est pas Mick Jagger bien sûr mais avec vingt ans de plus et après s’être chauffé la voix, il est encore capable de chanter deux heures sans oublier de plaisanter sur son état de vieillesse et ses soucis de santé : « Je ne vous vois pas très bien. À mon âge, la vue baisse. Je n’entends pas très bien, je n’ai plus de mémoire, mais je vais chanter quand même. Je ne suis pas Pavarotti. Ceux qui me connaissent savent que j’ai la voix cassée. Je suis né enroué », a-t-il lancé au public de Bercy en décembre dernier. Et si comme dans la chanson de Dalida, Aznavour voulait mourir sur scène ?

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Monumentale. La biographie que consacre le journaliste Robert Belleret à Charles Aznavour est un impressionnant pavé de plus de 600 pages. Mais il fallait bien ça pour retracer le destin hors du commun de ce petit immigré arménien devenu star planétaire. Grâce à un travail très fouillé, Belleret raconte le vrai Aznavour. Tout y passe, son enfance où il rêve de Gary Cooper et Fred Astaire, son rapport complexe avec Édith Piaf, ses débuts difficiles, sa carrière au cinéma, ses prises de risques (« Comme ils disent », chanson de 1972 qui parle de l’homosexualité, en est une), ses ennuis avec le fisc et la gloire, qui viendra dans les années 1960 et le portera jusqu’à Hollywood où il a son étoile sur le « Walk of Fame ». Une histoire qui n’est pas terminée…

Vies et légendes de Charles Aznavour, de Robert Belleret, l’Archipel 25 €.

 

 

Publié le dans Changer d'air

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