Sexo : une petite dispute et ça repart !

© Claire Bouilhac

« Se réconcilier sur l’oreiller » : une expression que bien sûr nous connaissons mais n’avons peut-être jamais mis en pratique jusque-là. Dommage… Pas question évidemment de s’étriper délibérément pour pouvoir nous étreindre après la bagarre ! Mais rien ne nous empêche de saisir l’occasion et d’œuvrer à un rabibochage coquin après notre prochaine chicane conjugale. Ce sera toujours plus agréable que la politique du dos tourné. Et nous pourrions même y prendre goût.

L’art de conclure
Non, ce n’est pas bizarre ! Rien d’anormal à ce que le désir sexuel puisse naître d’une querelle. « Pendant l’affrontement, nous sommes dans un état de stress maximal. Nous produisons de l’adrénaline, le rythme cardiaque s’accélère, la pression du sang dans les artères augmente, les muscles se contractent. Un état physique comparable à celui provoqué par l’excitation sexuelle. À l’issue d’un conflit, nous sommes donc déjà en condition pour faire l’amour ! Il suffira de pas grand-chose pour basculer d’un registre à l’autre », remarque la sexologue Valérie Cordonnier. Et puis pendant l’engueulade, nous nous sommes malmenés, éloignés l’un de l’autre. « L’acte sexuel peut apparaître, plus ou moins consciemment, comme une manière de réparer cet accroc. Surtout si on a la sensation d’avoir poussé un peu loin le bouchon et que l’on souhaite faire oublier à l’autre tout ce que l’on a pu dire », poursuit la spécialiste.

Droit au but !
Les ébats qui suivent une scène de ménage sont souvent très intenses. « Pendant la dispute, on a vu l’autre en position combattante et résistante, il nous a révélé sa part la plus animale. C’est justement cette dimension un peu sauvage qui va s’exprimer lors de la relation sexuelle. Ce n’est pas le temps de la tendresse ou des préliminaires mais celui d’une sexualité puissante, sans trop de fioritures, qui va droit au but et au plaisir », explique Valérie Cordonnier. Le conflit a mobilisé des émotions fortes qui ne sont pas encore totalement redescendues et nous les investissons pleinement dans ces retrouvailles canailles. « Pendant l’amour, on redouble d’effort pour faire la paix et réparer ce que l’on craint d’avoir abîmé dans la relation. L’idée est de faire perdre pied à l’autre pour qu’il ne se souvienne même plus pourquoi on s’est disputé ! », sourit la thérapeute. Un scénario qui a du piquant et permet de réveiller très efficacement la libido.

Un pugilat sans coup bas
Si nous voulons avoir une chance de nous rapprocher au lit, mieux vaut anticiper cette éventualité dès le moment de l’empoignade. Comment ? En ne franchissant pas la ligne rouge et en évitant les mots qui blessent ou humilient, sinon le désir ne pourra pas être au rendez-vous, en tout cas pas tout de suite. « Toute altercation durant laquelle une femme aura par exemple ciblé les échecs professionnels de son mari ou des sujets ayant trait à son salaire ou à son incapacité à obtenir une augmentation, sera rarement suivie d’un rapprochement érotique. Un homme attaqué dans ses attributs de puissance sociale se sent aussi remis en cause dans sa puissance sexuelle », insiste la sexologue. Mieux vaut donc s’en tenir à des joutes aux enjeux limités : le tube de dentifrice pas rebouché, le linge sale qui traîne à côté du bac, un désaccord sur le programme télé… Un excellent garde-fou !

Du combat au corps à corps
Après un accrochage, comment faire comprendre à notre homme qu’on poursuivrait bien l’affrontement sur un terrain plus sensuel ? L’humour s’avère souvent un moyen gagnant. « Après tout ce que tu viens de me balancer, je pense que tu mérites une bonne punition. Viens me rejoindre sous la couette ». Nous pouvons aussi tenter la stratégie câline. « Je suis tellement désolée de m’être emportée, laisse-moi me faire pardonner ». Plutôt dominante ou plutôt soumise, à chaque femme de choisir le rôle qu’elle va jouer, en fonction de son humeur et de ce qu’elle sait plaire à son mari. « En toute fin de dispute, on peut tenter une approche et en profiter pour déshabiller son mari ! Lui sortir la chemise du pantalon, lui enlever la ceinture. Des gestes évocateurs qu’il devrait comprendre sans mal », avance la spécialiste. Mais va-t-il entrer dans notre petit jeu ? Très probablement, car il a autant envie que nous de ne pas s’enferrer dans une crise…

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