Mon mari se couche avec les poules

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C’est bien simple, depuis quelque temps, on passe nos soirées… seule. Plus de dispute autour du programme télé, plus de verveine sirotée dans le canapé : il va se coucher juste après le dîner. Il serait temps de le réveiller, non ?

« Chérie, je suis crevé, je monte me coucher. » La première fois que notre homme nous a parlé ainsi, on a été compréhensive. Évidemment, ça arrive à tout le monde d’avoir besoin d’une bonne nuit de sommeil. La deuxième fois, on s’est dit qu’il était vraiment très fatigué. Mais ses couchers avant la fin du journal télévisé devenant une habitude, on commence à se poser des questions. Voire à enrager. Que dans la journée chacun vive sa vie comme il l’entend, soit. Mais les soirées en amoureux, c’est sacré, non ? Sinon, à force d’avoir des rythmes trop décalés, on va finir par devenir colocataires !

Y a-t-il anguille sous roche ?
Avant de gémir ou de récriminer, mieux vaut vérifier que tout va bien pour lui. Pas de maladie de Lyme, de baisse de tension ou de petit coup de mou ? On s’assure aussi qu’il ne cherche pas à fuir dans le sommeil des ennuis ou un moral en berne (l’hypersomnie peut cacher une petite déprime), voire qu’il ne mène pas une double vie avec la voisine du dessus qu’il rejoindrait à l’heure du laitier ! Bref, on enquête. En toute discrétion, il va sans dire. Et on ne néglige aucun détail. Une fois dans son lit, dort-il à poings fermés à peine allongé ou bien enchaîne-t-il les séries policières scandinaves en replay (le petit cachotier !) ? Se décale-t-il parce qu’il a des insomnies ou bien ronfle-t-il comme un sonneur douze heures d’affilée ? Quel que soit le résultat de nos investigations, on lui fait part de notre inquiétude et de nos interrogations. Il n’est pas question de lui dicter son heure de coucher, il n’a plus 5 ans. Mais on lui signale qu’on aime nos soirées en duo et que discuter tranquillement avec lui avant la nuit reste un vrai plaisir, un moment privilégié. Se contenter de le croiser dans un laps de temps qui se réduit comme peau de chagrin, ça nous rend triste. Très triste.

C’est plus fort que lui ?
Allez savoir pourquoi, il n’entend pas nos besoins. Il reprend la direction de la chambre à coucher dès la dernière bouchée avalée. Zen, on ne s’énerve pas ! Il a peut-être besoin de se mettre un temps sur pause… Alors on lui laisse la liberté de se glisser sous la couette quand il veut mais on lui propose de fixer un jour et une tranche horaire pour se retrouver complètement et en face à face, sans autre objectif que de se consacrer un peu de temps mutuellement. Et si possible dans un autre lieu, neutre et nouveau, qui insuffle un coup de frais : un bistrot sympa à l’heure du thé le lundi, un petit resto le jeudi, le jardin public du quartier… Peu importe, ce qui compte c’est se redonner l’occasion d’échanger. Avec plaisir. Petit à petit, on l’attire de nouveau dans nos filets, histoire de lui redonner le goût de faire canapé commun devant un bon film ou une tisane ! Car sinon à quoi ça sert d’être ensemble, hein ?

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