Faire chambre à part, c’est l’extase !

Illustration : Claire Bouilhac

Depuis quelque temps, la cohabitation nocturne avec notre homme devient plus compliquée. Il se lève trois fois dans la nuit et nous réveille, veut dormir la fenêtre ouverte parce qu’il a toujours chaud alors que nous nous gelons, râle quand nous allumons une loupiote pour lire pendant nos insomnies. « Tous ces petits conflits finissent par gêner les rapprochements intimes. Avoir chacun son lieu, où chacun pourra protéger son sommeil, constitue une solution particulièrement efficace pour faire baisser la tension. Or, une atmosphère sereine est toujours plus favorable au désir que les chamailleries incessantes ! » remarque Ghislaine Paris, sexologue et auteure de Un désir si fragile, éd. S. Leduc. Oui mais tout de même, déserter le lit conjugal, ça n’est pas rien… Ne dit-on pas que faire chambre à part, c’est le début de la fin pour un couple ? Une idée reçue qui ne tient pas la route ! En donnant un bon coup de pied dans notre petite routine, nous allons au contraire saisir la chance de faire souffler un vent de nouveauté sur nos ébats. Alléchant, non ?

Le plaisir, rien que par plaisir !
L’idée c’est de commencer par reprendre la main sur notre désir. « Quand on dort dans le même lit, il est parfois difficile de résister à l’envie que l’on sent chez l’autre. On fait alors l’amour pour lui faire plaisir ou par habitude, sans réel élan. Et cela donne rarement un résultat très satisfaisant » souligne la sexologue. Alors que si l’on décide de dormir chacun « chez soi », il y a fort à parier que notre compagnon va très vite nous manquer. Son odeur, la chaleur de sa peau… Et là, oh miracle, nous sentirons poindre à nouveau en nous ce désir que l’on croyait assoupi. Rien de tel que d’instaurer un peu de distance physique pour attiser notre appétit sexuel, et nous redonner la fougue désirante de nos 20 ans !

Renouer avec les rendez-vous galants
Concrètement, comment s’ y prendre pour organiser nos rencontres sexuelles, car avouons-le, cela nous inquiète un peu. Cela ne fait pas (ou plus) partie de nos schémas habituels. Alors, si nous ne voulons pas que rien ne se passe, il va falloir prendre des initiatives ! « Il s’agit de s’inscrire dans une démarche de séduction de son conjoint, de trouver les moyens de lui faire comprendre qu’aujourd’hui, on a envie de lui. Un défi très stimulant » note la spécialiste. N’hésitons-pas à nous montrer d’humeur ludique : sexe et jeu font toujours bon ménage. Pourquoi ne pas glisser un petit carton d’invitation sous sa porte après qu’il se soit retiré dans ses appartements ? Ou venir toquer chez lui en tenue légère ? Et si les rapprochements ont commencé durant la soirée, sur le canapé, osons un rafraîchissant : on va chez toi ou chez moi ? Un petit bain de jouvence qui ne nous fera pas de mal !

Préserver son jardin secret
Le bonheur d’avoir une chambre à soi – par exemple en s’appropriant celle d’un grand enfant ayant quitté la maison – c’est aussi de pouvoir la décorer à sa guise, d’y avoir ses petites affaires, ses bouquins, d’y écouter sa musique. « Posséder un territoire intime et personnel au sein de son habitation, encore plus si l’on est à la retraite et constamment l’un avec l’autre, donne un sentiment de grande liberté. Dans mon lieu, je peux tout faire, à l’abri du regard de l’autre. Lire de la littérature érotique, fantasmer, prendre du plaisir toute seule. Autant d’éléments qui loin de gêner la sexualité à deux, lui insufflent énormément d’énergie » explique Ghislaine Paris. Et puis dans notre petit chez nous, nous pourrons enfiler un vieux pyjama avachi (mais tellement confortable) sans état d’âme et sans crainte de saboter notre potentiel érotique aux yeux de notre homme !

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