Financer de jeunes entreprises, comment ça marche ?

Zoé / L'un & l'autre

Vous voulez soutenir la création d’une épicerie fine bio ou d’une jeune pousse qui se lance dans le digital ? C’est ce que permet le financement participatif (Crowdfunding) qui ne cesse de se développer ces dernières années. Selon le dernier baromètre de la finance participative, les épargnants ont permis de lever 629 millions d’euros, en France, en 2016 (contre 297 millions en 2015).

Comment ça marche ?
Le financement participatif peut prendre différentes formes, du simple don (avec ou sans contrepartie), au financement des entreprises sous forme de prêt (on parle de « crowdlending ») en passant par l’achat d’actions de PME (« crowdequity »). Pour cela, il suffit d’ouvrir un compte sur l’une des nombreuses plateformes en ligne et sélectionner un projet qui vous tient à cœur. Ces activités, réglementées depuis octobre 2014, évoluent régulièrement. Par exemple, depuis cette année, un particulier peut prêter jusqu’à 2 000 euros (au lieu de 1 000 euros) par projet sur une durée de sept ans.

Combien cela rapporte ?
Les rendements annoncés par les plateformes sont très alléchants : entre 4 et 12% bruts par an pour un prêt ou une prise de participation dans le capital de start-up. Sachant qu’avec le « crowdequity », vous bénéficiez d’une baisse d’impôt sur le revenu de 18% (ou d’une réduction d’impôt de solidarité sur la fortune de 50% des versements réalisés). Méfiance néanmoins car ces rendements ne sont en aucun cas garantis. En février dernier, l’association de consommateurs UFC Que Choisir a d’ailleurs reproché aux plateformes de surévaluer leurs hypothèses de gains et de minimiser les risques.

Est-ce un placement risqué ?
Contrairement au don, prêter à une entreprise ou investir dans son capital s’avère très risqué. « Plus le rendement annoncé est élevé, plus le risque est important. C’est encore plus vrai pour un investissement dans le capital de start-up qui ne parviennent pas nécessairement à emprunter auprès des banques », rappelle Dominique Stucki, avocat au sein du cabinet Avistem et spécialiste du financement participatif. Et ce, malgré la sélection drastique effectuée par les plateformes (étude des bilans et résultats financiers) qui reçoivent de nombreuses demandes d’entreprise en quête de financement. « Vous pouvez aussi regarder certains indicateurs comme, par exemple, le taux de défaillance que chaque plateforme doit publier », précise le spécialiste.

L’avis de l’expert : Dominique Stucki, avocat au sein du cabinet Avistem
« Avant d’investir, vous devez prendre le temps de bien sélectionner les projets en vous renseignant au maximum grâce à la documentation fournie par les plateformes. Surtout, il est impératif d’en choisir plusieurs pour diversifier votre portefeuille car il faut être prêt à accepter de perdre sur certains d’entre eux, en particulier dans le cadre d’un investissement en capital d’une jeune pousse. Sachez, enfin, que, dans ce dernier cas, aucune liquidité n’est garantie et votre épargne peut être bloquée pendant près de dix ans, ce qui implique que vous n’ayez pas besoin de cet argent pendant toute cette durée. »

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Publié le dans Conso futée

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