Et si je devenais propriétaire solidaire ?

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Vous détenez un bien locatif et vous avez envie de vous montrer solidaire ? Les logements sociaux étant insuffisants dans les zones tendues, plusieurs dispositifs ont été mis en place, au fil des années, pour mobiliser le parc privé et proposer davantage de logements aux ménages dont les ressources ne dépassent pas certains plafonds. Si vous acceptez de mettre votre bien à un loyer inférieur à celui du marché, vous pouvez cumuler plusieurs avantages comme une fiscalité allégée sur vos revenus locatifs, une aide à la rénovation ou même une garantie contre les impayés.

Passer par une association agréée
Pour cela, vous pouvez louer votre logement à une association agréée pour qu’elle y loge une famille en difficulté (trois ans renouvelable). « C’est l’association qui assure le paiement des loyers et des charges, l’entretien courant et la remise en état du logement. La famille est sous-locataire et verse une redevance à l’association, explique Hélène Le Gall, directrice générale de l’Agence départementale d’information sur le logement de Paris (Adil). Pour le propriétaire, le paiement du loyer est par ailleurs garanti même en cas de vacance locative. »
Une autre possibilité consiste à confier votre bien à une agence immobilière à vocation sociale (AIVS du réseau FAPIL*, Soliha-AIS …) qui vous met en relation avec le locataire et établit le bail (3 ans minimum). Elle perçoit pour le compte du propriétaire loyers et charges. Elle peut aussi proposer une garantie de loyers ainsi qu’un accompagnement social du locataire.

Avantage fiscal à la clé
« La location solidaire permet de bénéficier d’un abattement fiscal sur vos revenus locatifs qui s’élève entre 15 et 85% selon l’effort consenti sur le montant loyer et la zone géographique où se trouve le logement », ajoute Hélène Le Gall. Concrètement, plus les loyers que vous vous engagez à pratiquer sont bas, plus la déduction fiscale sur vos revenus fonciers est importante. Pour bénéficier de cet avantage, il faut signer une convention avec l’Agence nationale pour l’habitat (Anah) d’une durée de six ou neuf ans.

Travaux de rénovation
Parallèlement, vous pouvez avoir accès à des subventions de l’Anah pour réaliser des travaux dans le bien (construit depuis plus de quinze ans). Le montant de cette aide peut atteindre entre 25 et 35% du coût total des travaux hors taxes. Une prime de 1 000 euros est aussi versée si vous confiez votre logement à une agence immobilière sociale ou une association sous certaines conditions.

Les conseils de l’expert : Hélène Le Gall, directrice générale de l’Agence départementale d’information sur le logement de Paris (Adil)
« De nombreux dispositifs locaux et nationaux existent pour louer son bien à des ménages en difficulté mais ils restent peu connus. Ils permettent de déléguer et de sécuriser la gestion de votre bien. Il ne faut donc pas hésiter à se renseigner auprès de l’Anah ou des différentes Adil si ce mode de location vous intéresse. »

* FAPIL : Fédération des associations et des acteurs pour la promotion et l’insertion par le logement.

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Publié le dans Conso futée

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