5 clés pour bien choisir sa mutuelle senior

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Les tarifs de mutuelles pouvant varier du simple au triple selon les contrats, listez vos besoins réels sans faire toutefois faire l’impasse sur la prévention. Et pour vous guider, pensez aux comparateurs en ligne.​

Depuis janvier 2016, toutes les entreprises doivent faire bénéficier leurs salariés d’une complémentaire santé collective et prendre en charge 50% des cotisations. Mais quid des seniors indépendants – ou retraités – exclus du système ? Selon la Mutualité Française, ces derniers dépensent en moyenne 83 euros par mois pour leur complémentaire, soit 3,5 fois plus que les salariés ! Alors pour dénicher une couverture adaptée, mettez à plat vos besoins, épluchez les contrats et ne tardez pas trop : certaines mutuelles refusent les nouveaux adhérents dès 65 ans !

1. Dressez votre profil de consommateur
Le bon contrat est celui qui vous correspond. Esquissez votre portrait-robot en récapitulant vos relevés de Sécurité sociale et vos dépenses non remboursées (osthéo, pédicure…). Listez aussi les garanties que vous n’utiliserez pas car chaque option alourdit la facture de 2 à 20 euros mensuels : inutile de payer une bonne couverture optique si vous ne portez pas de lunettes. Après 60 ans, les forfaits orthodontie, contraceptifs oraux ou allocations maternités ne sont pas non plus utiles ! « Certains contrats couvrent les frais d’obsèques. Pas très rentable non plus, car l’option dope les cotisations pendant toute la durée du contrat », complète Sophie Chastain-Lopez, directrice marketing d’Eovi-Mcd Mutuelle.

2. Pas d’impasse sur les « soins de ville » et l’hopital
Même en pleine forme, ne sous-estimez pas vos futurs besoins : cardiologue, rhumatologue, urologue, bilans, dépistages, opérations (hanche, fémur, cataracte), etc. Pour un spécialiste non conventionné à 80 euros, la Sécurité sociale rembourse 15,10 euros, soit 70% du tarif de base de remboursement (BRSS) de 23 euros (moins un euros de participation forfaitaire). Si une mutuelle couvre 100% du BRSS, elle rembourse donc la différence entre 23 euros et 15,10 euros : pas vraiment suffisant ! Optez pour un contrat remboursant au minimum 125 à 200% du BRSS …
Pour vous protéger contre les risques graves, privilégiez une formule couvrant bien les dépenses hospitalières (chirurgie et hébergement, au moins pour 200% du BRSS, plus la couverture d’une chambre particulière, sans limite de durée). Et si possible, les séjours de convalescence et rééducation.

3. Dentaire, optique et audioprothèses : modulez le curseur
Le dentaire et l’optique figurent parmi les curseurs qui font varier le coût d’un contrat (on peut souvent les décliner sous 3 à 5 niveaux de couverture et tarifs). Mais attention, ces postes, pas ou peu remboursés par la Sécu – ne sont pas non plus beaucoup indemnisés par les mutuelles. Prenez les implants dentaires (75 euros pris en charge par la Sécu) : pour 1200 euros dépensés, les meilleurs contrats remboursent autour de 400 euros (286 euros en moyenne, 30% des contrats individuels ne les remboursant pas). Pour une paire de prothèses auditives à 4 000 euros, c’est un peu le même constat (un quart du prix remboursé, en moyenne). Pour limiter le reste à charge, l’accès à un réseau de soin, prévu dans certains contrats, reste un vrai un atout car les tarifs y sont négociés par l’assureur : « Pour des audioprothèses, nos adhérents économisent 500 à 600 euros via le réseau partenaire Kalivia », fait par exemple valoir Sophie Chastain-Lopez, d’Eovi-Mcd Mutuelle.

4. Médecine douce, cures… pour ces « extras », visez le moyen ou haut de gamme
Ostéopathe, acupuncteur, homéopathe, diététicien, podologue, psychologue… Adepte de ces médecines complémentaires, optez pour un contrat moyen ou haut de gamme (et comptez au moins 80 euros par mois). Sous réserve d’être prescrite, une cure thermale annuelle est aussi parfois remboursée. Certaines formules couvrent également la pharmacie non remboursée par la Sécu, voire des équipements liés à la dépendance. Le must ? On peut parfois profiter d’une plateforme d’assistance qui prend en charge certaines démarches. « Notre assistance organise et rembourse – entre autres – du soutien aux aidants : formation, aides à domicile, garde des personnes dépendantes à charge en cas d’hospitalisation, etc. », ajoute Sophie Chastain-Lopez.

5. Faites le tri grâce au web
Si vous avez Internet, plutôt que d’éplucher au hasard des contrats, commencez vos recherches sur la toile, via un courtier ou un comparateur de contrats comme AcommeAssure.com, Assurland.com, Hyperassur.com, Lelynx.fr, Lesfurets.com, Merci Henri, Mutuelle-conseil.com… Vous remplirez un questionnaire, puis recevrez une dizaine de propositions détaillées. Attention, certaines compagnies permettent de signer par voie électronique, pour être assuré immédiatement, mais la plupart des contrats prévoient des délais de « carence » de un à six mois avant de rembourser une hospitalisation ou des soins dentaires et optiques importants : inutile de souscrire une semaine avant une opération de la cataracte !

Merci à Jean-Martin Cohen Solal, délégué général de la Mutualité Française, Sophie Chastain-Lopez, directrice marketing, Eovi-Mcd Mutuelle et Roxane Delamare, chef de projet marketing, AcommeAssure.com

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Publié le dans Conso futée

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