Et si c’était la thyroïde ?

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Petite, discrète mais essentielle à notre équilibre physique, mental et émotionnel, la thyroïde est une glande endocrine qui sécrète des hormones afin de réguler l’ensemble de notre métabolisme. Elle se dérègle le plus souvent chez les femmes, trois fois plus touchées que les hommes après 60 ans. Il y a notamment une période délicate à la ménopause, dont les symptômes ressemblent parfois beaucoup à ceux du syndrome thyroïdien.

Que se passe-t-il quand ça déraille ?
Si la thyroïde va, tout va : poids stable, énergie, bon sommeil, rythme cardiaque normal, humeur égale. Lorsqu’elle se dérègle, en revanche, cela perturbe tout ce bien-être global de deux manières : l’hyperthyroïdie et l’hypothyroïdie. « La première survient quand la production d’hormones s’accélère, la seconde quand elle ralentit. Les troubles se manifestent par des signes très différents les uns des autres. Certains font penser à une pathologie cardiaque, d’autres à une dépression… Du coup, le diagnostic d’un dérèglement thyroïdien est parfois tardif », explique le Dr Pierre Nys, endocrinologue-nutritionniste, attaché des hôpitaux de Paris.

Quels symptômes doivent nous alerter ?
En cas d’hyperthyroïdie, le métabolisme est en sur-régime. Le cœur bat trop vite, les muscles sont hypertoniques, on est irritable, nerveuse, on a le sommeil léger, peu reposant. On peut aussi avoir chaud en permanence, un transit accéléré, la libido en berne, des démangeaisons sur tout le corps, transpirer, maigrir alors que l’on n’a rien changé à son alimentation, avoir le transit accéléré et parfois même un goître (gonflement du cou) plus ou moins important. Quand, en plus, un trouble oculaire intervient (l’exophtalmie : le globe oculaire sort de l’orbite et gêne le mouvement des paupières), on parle de la maladie de Basedow, qui affecte en majorité des femmes de 40 à 60 ans et représente près de 75 % des cas d’hyperthyroïdie. « Provoquée par des anticorps qui se détournent de leur cible pour attaquer le tissu thyroïdien, elle génère une production hormonale inutile et délétère », explique le spécialiste.

En cas d’hypothyroïdie, à l’inverse, le métabolisme semble endormi. D’abord, on pense à une grosse fatigue, car les symptômes associés tardent parfois à se manifester… On peut perdre sa concentration et le fil de ses pensées, se sentir abattue, déprimée jusqu’à se réfugier dans un sommeil lourd, fréquent, mais peu réparateur. Il arrive que la peau s’assèche, que le teint pâlisse, que les cheveux tombent. La température corporelle s’abaisse : on devient frileuse avec les extrémités froides même par temps chaud. Enfin, 95 % des personnes atteintes d’hypothyroïdie constatent un ralentissement de leur rythme cardiaque, ce qui intensifie encore la fatigue. Dans tous les cas, il faut consulter.

Comment enrayer le processus ?
Face à ces symptômes caractéristiques, le médecin va effectuer un examen clinique et prescrire un test sanguin pour évaluer le taux d’hormones thyroïdiennes et hypophysaires (TSH) : il saura ainsi si vous souffrez d’une hypo ou d’une hyperthyroïdie. Mais pour en dépister les causes, il devra encore rechercher des anticorps thyroïdiens (suspicion de la maladie de Basedow notamment), réaliser une échographie thyroïdienne pour évaluer l’état de la glande (présence de nodules pouvant ou pas se muer en cancer), voire une scintigraphie pour observer le dysfonctionnement global de la glande en cas d’hyperthyroïdie, ou encore une ponction quand un nodule est détecté.

Le traitement de l’hypothyroïdie repose sur l’apport des hormones manquantes par le biais de médicaments avec lesquels on tâtonne un peu au début pour trouver le bon dosage. Celui de l’hyperthyroïdie se base sur des antithyroïdiens pour bloquer la production hormonale (là aussi, la posologie s’adapte au fil des semaines), voire sur des bêtabloquants pour rééquilibrer le fonctionnement thyroïdien. L’ablation partielle ou totale de la glande intervient quand les traitements n’apportent pas de solution.

Comment doper son traitement ?
Les perturbations thyroïdiennes sont aggravées par certains comportements. Pour aller mieux, il n’y a donc pas que les médicaments ! « Premier ennemi de la glande endocrine, le tabac qui perturbe son fonctionnement et altère ses tissus. Un sevrage est recommandé. Plus sournois, le stress est à combattre car il dérègle le système hormonal en modifiant les sécrétions. Enfin, la radioactivité et les polluants (bisphénol A, triclosan présent dans les produits antibactériens et antifongiques…) sont des facteurs aggravants du déséquilibre thyroïdien et doivent être le plus possible éliminés de notre quotidien », assure le spécialiste.

* auteur de « Protéger et soigner sa thyroïde », éditions Leduc.S.

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Publié le dans Check-up

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