Les incroyables vertus santé des épices

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Cannelle, curcuma ou safran font bien plus que donner de la couleur à nos plats. Les condiments préservent nos cellules et stimulent la digestion, nos défenses immunitaires et notre moral. À saupoudrer (presque) sans modération.

Vieillissement des cellules : elles limitent la casse
Toutes les épices ont des propriétés antioxydantes, autrement dit, elles aident à lutter contre le vieillissement de nos cellules. Mais certaines plus activement que d’autres. Parmi elles, le piment, le curcuma, l’origan et le clou de girofle. « Pour améliorer la diffusion du curcuma, je conseille le poivre, un bon exhausteur de goût à saupoudrer en fin de cuisson», conseille le Dr Merran. « On peut utiliser le curcuma en racine dans le thé et en poudre dans les vinaigrettes ; il se marie bien également à certaines salades de fruits. »
Si votre été rime avec barbecue, sachez que les condiments préservent la qualité des aliments. Une étude a montré qu’un mélange de clous de girofle, cannelle, ail, origan, gingembre, poivre noir et paprika parsemé en cours de cuisson diminue les produits nocifs d’oxydation des graisses dans la viande, et donc le stress oxydant chez le consommateur. La quantité de malondialdéhyde, marqueur de cette oxydation, chute alors de 71 % dans la viande épicée !

L’info Serengo : Le clou de girofle limite aussi le vieillissement des cellules et provoque, en prime, un effet antidouleur. Doucement sur la dose, car son goût est puissant. Il se mélange bien avec la cannelle et le curry.

Rhumatismes, cataracte, cancer… elles agissent en prévention
L’action antioxydante des épices aide aussi à se protéger des pathologies de la vieillesse : cataracte, maladies neurologiques dégénératives et cardio-vasculaires, rhumatismes, cancers. Pour combattre ce dernier, le curcuma intervient avec force. « Des études ont montré une chute de la prolifération des tumeurs », confirme la spécialiste de médecine anti-âge. L’action de la curcumine a été prouvée, entre autres, sur un cancer pulmonaire agressif. Avant de parler d’effets-miracle, il faut savoir que l’épice reste très peu absorbée par l’estomac et se trouve vite transformée et éliminée par le foie. Pour profiter de ses bienfaits, mieux vaut la consommer assidument, à chaque repas si possible : une pincée à une cuillère à café, selon l’intensité voulue.

La cannelle, quant à elle, accompagne et allège les traitements du diabétique (pour son action régulatrice sur la glycémie, les médecins la prescrivent même en gélule de 1 à 2 g). En bâton ou en poudre, saupoudrez-la chaque jour dans vos plats, seule ou mélangée à d’autres épices. Le curcuma ou le cumin sont aussi conseillés pour conserver les fonctions cognitives. Enfin, le safran prévient la cataracte et la DMLA. Il se marie au salé comme au sucré. L’astuce pour doper sa conso ? L’insérer dans la confiture de fraises, de mûres, de pêches…
L’info Serengo : Les bulbes sont aussi des épices. Bon pour le cœur, l’ail, à partir d’une à deux gousses par jour, joue dans la protection contre les maladies vasculaires.

Elles évitent les excès de sucre et de sel
« L’influence des épices sur notre comportement alimentaire est très bénéfique pour la santé. Ce sont de puissants exhausteurs de goût. Elles jouent la substitution à merveille et contingentent le salé comme le sucré, constate le Pr Anne-Marie Roussel, qui passe à la loupe les composés bioactifs des épices. « Je les conseille pour diminuer la consommation de sel et donner du goût aux aliments », confirme le Dr Merran.

L’info Serengo : Une touche de cannelle dans la compote et tout de suite, le sucre devient anecdotique ; une pincée de curry dans une salade avocat/crevettes évite de vider la salière. Des saveurs fortes comme le piment, la noix de muscade, le poivre noir, le safran ou le paprika permettent aussi d’imprimer leur marque et d’assaisonner les plats sans qu’aucun autre ajout ne soit nécessaire.

Elles soulagent là où ça fait mal
Surdoué, le curcuma multiplie les effets : anti-inflammatoire subtil, il module son action selon la force de l’inflammation. La cardamome, le thym, le gingembre et la coriandre possédent des propriétés similaires.
L’info Serengo en + : Adoptez-les notamment si vos articulations, de l’arthrose ou des rhumatismes vous font souffrir. Cela peut vous aider à limiter votre consommation de cortisone, d’aspirine et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens, à raison de 1,5 à 3 g par jour ingérés en poudre, en associant par exemple curcuma/gingembre pour une meilleure absorption intestinale.

Elles facilitent la digestion
« La cannelle est un excellent digestif », affirme notre micronutritionniste. Antispasmodique, elle stimule les muqueuses gastriques, combat l’acidité de l’estomac et limite les sensations de ballonnement. Elle chasse aussi les nausées. Tout comme le gingembre, autre épice multifonction, qui protège le foie.
L’info Serengo : Si la cannelle n’entre pas dans la composition de votre menu, ajoutez-la dans une cuillerée à café de miel, à avaler avant le repas.

Elles aident à garder la ligne
Les épices pèsent zéro calorie. Et elles encouragent une alimentation saine car une cuisine épicée va souvent de pair avec une forte consommation de légumes. Mais ce n’est pas tout. Le duo poivre noir/piment diminue le taux de ghréline, l’hormone qui stimule l’appétit. « L’effet anorexigène du piment a été mis en évidence dans trois études », précise le docteur Sarah Merran (2). Son composé actif, la capsaïcine, fait office de coupe-faim. Mais attention, « il faut avoir un tube digestif adapté car le piment peut irriter l’intestin, et provoquer du reflux gastro-oesophagien », avertit la spécialiste. Le bon réflexe : ne pas pimenter systématiquement mais lorsque la recette le justifie.

L’info Serengo : Les épices nous encourageraient aussi à diminuer notre consommation de gras. Le Pr James Hill, de l’université du Colorado (États-Unis), a montré qu’un ajout d’herbes et d’épices dans un plat privé de 60 % de lipides parvient à compenser la carence gustative !

Elles activent les hormones du bonheur
C’est notamment le cas du gingembre, qui traîne en plus une réputation d’aphrodisiaque. Il stimule les défenses immunitaires mais surtout « agit comme un vrai psychostimulant », précise le Dr Merran. Son effet vasodilatateur donne un sursaut d’énergie.
L’info Serengo : Jouez l’association gingembre/curcuma, pour l’effet antidépresseur de la poudre jaune. Anti-inflammatoire, celle-ci permet de conserver la sérotonine, neurotransmetteur précieux pour notre bien-être mental.

Merci à Anne-Marie Roussel, professeur émérite de biochimie à l’université Grenoble Alpes.

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Comment les conserver ?

Pour garder longtemps leur goût, achetez les épices dans leur forme originelle : graines, racines, feuilles, fleurs. Mais sachez que les principes actifs se montrent tout aussi efficaces si vous les consommez en poudre, la dessiccation ne change rien aux qualités nutritionnelles. Avec le temps, les épices, en priorité celles de couleur vive, perdent simplement leur saveur.

Publié le dans Check-up

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