3 idées reçues sur l’incontinence urinaire

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C’est un sujet encore tabou, pourtant, elle concerne une femme sur 5. A l’occasion de la 14e semaine de la continence (du 20 au 26 mars), on revient sur les idées fausses qui circulent encore sur cette pathologie.

Elle ne touche que les personnes âgées.
Si la perte de tonus musculaire et la réduction de l’autonomie aggravent les fuites urinaires, elles s’observent à tout âge. Les causes sont multifactorielles : le surpoids, les grossesses, certaines pratiques sportives intensives et des facteurs d’hyperpression abdominale comme la toux chronique ou la constipation. Mais l’incontinence peut aussi être constitutionnelle : elle peut arriver chez des femmes n’ayant aucun facteur prédisposant et n’ayant jamais accouché. On suspecte alors des anomalies tissulaires, en particulier du collagène.
L’incontinence n’est donc pas liée à un vieillissement de l’organisme. La preuve est que l’on peut la prévenir en veillant, tout au long de sa vie, à préserver son plancher pelvien, notamment grâce à des exercices de rééducation périnéale.

Il faut boire moins d’eau.
Surtout pas ! D’autant qu’avec l’âge, la sensation de soif diminue déjà. Il est important de rester bien hydratée. Boire beaucoup d’eau augmente effectivement la fréquence des allées et venues aux toilettes, mais ne pas boire suffisamment rend les urines plus concentrées, ce qui augmente le risque d’infections. Par ailleurs, une déshydratation peut faire le lit d’une constipation, qui fragilise le périnée et risque d’aggraver encore les problèmes d’incontinence. L’idéal, si vous souffrez d’incontinence, est de boire un peu (un verre par exemple) mais régulièrement, y compris entre les repas. Évitez aussi le café, le thé, l’alcool et les boissons gazeuses, qui ont un effet diurétique.

Passé un certain âge, on ne peut plus rien faire.
Les traitements sont multiples et peu invasifs. La première solution est la mise en place de séances de rééducation du périnée avec un kiné, pour remuscler la zone du plancher pelvien. Ces exercices peuvent ensuite se pratiquer seule, au quotidien. Des améliorations sont constatées au bout de 4 à 6 semaines. Quand ils ne suffisent pas, des médicaments (Vesicare, Ditroptan, Toviaz…) peuvent être proposés dans certains cas. Il s’agit d’anticholinergiques, qui diminuent la contraction vésicale et donc les urgenteries (autrement dit les envies pressantes). Les techniques chirurgicales sont adaptées à tous les âges. L’une d’elles consiste à implanter une sorte de pacemaker dans la vessie du patient, pour contrôler les fuites. Depuis 2014, la toxine botulique A (le fameux Botox®) est aussi autorisée dans ce cadre. Injectée sous anesthésie locale en fibroscopie vésicale, elle est bien tolérée. Mais son effet reste transitoire : environ 6 mois. Enfin les fuites urinaires survenant lors des efforts de la vie courante (toux, éternuement, port de charge) peuvent être résolues avec la pose de bandelettes sous urétrales par voie vaginale en ambulatoire.
Discutez de ces possibilités avec votre médecin. Actuellement, une femme sur deux n’ose pas en parler. Et les autres attendent en moyenne 7 ans à partir des premiers symptômes…

Merci au Dr Laurent Wagner, urologue au CHU de Nîmes.

Lire aussi Incontinence urinaire : à qui en parler ?

Publié le dans Check-up

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