Cancer de la prostate : fait-on ce qu’il faut ?

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Ce cancer, le plus fréquent en France chez l’homme de plus de 50 ans, compte environ 65 000 nouveaux cas par an. Le hic, c’est que, souvent, il engendre peu de symptômes au début de son évolution.

L’examen, c’est automatique
Faux. Pour ce cancer, aucun dépistage de masse n’est encore organisé en France par les autorités sanitaires. Toutefois, l’Association française d’urologie recommande un suivi renforcé car les chiffres démontrent que lorsque le dépistage est réalisé à temps, la mortalité par cancer de la prostate chute de façon spectaculaire. Les spécialistes préconisent donc, entre 45 et 50 ans, un premier dosage de PSA (Prostate Specific Antigen), une protéine fabriquée par la prostate. Il est à renouveler, une fois par an, si son résultat classe le patient dans la population « à risque ».

Il existe plusieurs techniques de diagnostic
Vrai. Lorsque le taux de PSA est élevé, on peut suspecter un cancer. L’urologue prescrit alors une série de biopsies (prélèvements de 6 à 12 fragments de tissus de la prostate) pour poser son diagnostic. Une IRM (imagerie par résonance magnétique) permet ensuite d’avoir une idée précise du stade d’évolution de la maladie (localisée, plus étendue voire métastasée) afin d’adapter au mieux le protocole de soins.

Le cancer de la prostate évolue sans bruit
Vrai. Il ne donne pas forcément les troubles qui lui sont associés tels que des envies fréquentes, un jet d’urine faible, la sensation de ne pas vider complètement sa vessie, des infections urinaires… Ces manifestations surviennent souvent plus tardivement, quand la prostate augmente de volume (adénome) et compresse l’urètre. Mais l’adénome peut prêter à confusion car il existe dans d’autres pathologies beaucoup plus fréquentes à partir de 50 ans (hypertrophie bénigne de la prostate, inflammation chronique ou aiguë), et l’on risque alors de « passer à côté » d’une tumeur en développement.

Son agressivité est systématique
Faux. Cette pathologie est majoritairement à évolution lente (10 à 15 ans), et reste relativement longtemps localisée. La bonne nouvelle, c’est qu’on la dépiste dans 80 % des cas à un stade précoce (cancer localisé ou intracapsulaire), et que les cellules affectées demeurent concentrées dans la prostate. Une donnée qui plaide en faveur du dépistage, car lorsque les cellules cancéreuses migrent hors de la prostate, affectent les ganglions lymphatiques, les os, et forment des métastases, il devient alors plus difficile de l’enrayer. Toutefois, il n’y a pas un, mais une mosaïque de cancers de la prostate, et tous ne nécessitent pas d’être traités…

Les traitements sont de plus en plus efficaces
Vrai. La prostatectomie (ablation de la prostate) reste le traitement de référence. On utilise également beaucoup la radiothérapie ou la curiethérapie (rayons) mais également les ultrasons afin de détruire les cellules cancéreuses. Preuve de l’efficacité de ces approches thérapeutiques : la mortalité par cancer de la prostate a diminué de 26 % en quinze ans.

Merci au Pr Thierry Lebret, urologue et président de l’Association française d’urologie (AFU).

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Publié le dans Check-up

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