Les couleurs de Capa

Capa news
Robert Capa/International Center of Photography/Magnum Photos

On connaissait le reporter de guerre, ses clichés en noir et blanc tragiques, forts et émouvants. Moins ses photographies en couleurs. Le château de Tours propose de découvrir cette autre facette de Robert Capa. Un Capa plus frivole, plein d’humour et surtout en avance sur son temps. Il s’essaie au Kodachrome dès 1938, deux ans après son invention, à l’occasion d’un reportage en Chine sur la guerre sino-japonaise. Life ne publiera que quatre de ces tirages. Les grands magazines boudent encore la couleur. Elle paraît moins sérieuse. Mais Capa s’obstine. Il immortalise Ernest Hemingway en 1941 dans sa résidence de Sun Valley (Idaho) en casquette et gilet beiges et en profite pour capturer de manière plus générale l’« American way of life ».

Un avion accidenté au retour d'un raid au-dessus de la France, 1942 (Robert Capa/International Center of Photography/Magnum Photos)

Robert Capa/International Center of Photography/Magnum Photos

Dès la fin de la Seconde guerre mondiale, le cofondateur de l’agence Magnum Photos emporte systématiquement au moins deux appareils avec lui : un pour le noir et blanc, l’autre pour la couleur. Ces photos-là n’avaient été exposées jusque-là que de manière très parcimonieuse. Elles témoignent pourtant de l’appétit de vie de l’après-guerre. On y voit Picasso s’amuser dans l’eau avec son fils au large de Vallauris, des mannequins déambuler parmi les badauds des quais de Seine à Paris, des mondains romains s’encanailler de fête en fête. On y ressent l’excitation des Anglais au couronnement de la reine Elizabeth II. Bien sûr, Robert Capa continue par ailleurs de témoigner des désordres du monde. Il suit la construction délicate du tout nouvel État d’Israël. Il couvre la guerre d’Indochine, où il décède accidentellement après avoir marché sur une mine antipersonnel en 1954. A l’époque, peu de journaux ont publié ces photos en kaki, vert et bleu, à cause des délais de tirage, trop longs. Cet « oubli » est aujourd’hui réparé. Grâce à cette exposition qu’on peut découvrir jusqu’au 29 mai 2016.

Tous les renseignements sur le site du Jeu de Paume (dont le château de Tours est une extension).

Sur le même thème

En finir avec les aphtes

aphtes

Les aphtes sont des ulcérations de la muqueuse buccale très fréquentes. Une personne sur deux en aura au moins une fois dans sa vie. Leur cause demeure inconnue mais[...]