Cinéma : « Lola Pater », une jolie chronique familiale

Lola Pater
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Il y a 25 ans, Farid, homme d’origine algérienne, décidait de changer de sexe et de devenir Lola. Mais à la mort de son ex-épouse, Zino, son fils ignorant tout de sa métamorphose, part à sa recherche. Lui cachant d’abord son identité, Lola commence à l’apprivoiser avant de lui révéler une vérité difficile à accepter après une telle période d’absence.

Souvent, au cinéma, la transsexualité connaît un destin tragique (prostitution, suicide…) ou un parcours semé d’embûches (opérations, rejet…). C’est un autre chemin, plus lumineux, plus doux, qu’emprunte Nadir Moknèche. Bien avant d’être un film sur l’identité ou le changement de sexe, Lola Pater est une chronique familiale centrée sur les liens filiaux. Certes, la pilule est difficile à avaler pour le fiston devenu grand mais c’est avant tout l’abandon, et non la transformation, qui pose problème. Délicat, tendre, jamais vulgaire ni caricatural, ce long-métrage évite tous les écueils, séduit, émeut. Et ce, entre autres, grâce à ses acteurs principaux. À 68 ans, Fanny Ardant prouve une fois de plus quelle actrice audacieuse elle est et trouve un nouveau très grand rôle à la hauteur de sa légende. Sa singularité et sa sensibilité n’auraient supporté ni transparence ni à-peu-près. Tewfik Jallab (vu dans Né quelque part et Ce qui nous lie), quant à lui, se révèle en ce sens un choix tout à fait idéal.

Lola Pater, comédie dramatique de Nadir Moknèche avec Fanny Ardant, Tewfik Jallab, Lubna Azabal… 1h35. Actuellement en salles.

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